Les 24 études  

Franz Schubert
Johannes Brahms
Robert Schumann
Igor Stravinsky
Sergej Rachmaninov
Fritz Kreisler
Gabriel Fauré
Camille Saint-Saens
Ernest Bloch
Frédéric Chopin
Francis Poulenc

Transcriptions virtuoses

Daniel Marillier, contrebasse
Emmanuelle Bartoli, piano


VOL GR 011

Prix d'un CD : 9.90 €


Ecouter un échantillon de toutes les pistes :

Piste, Titre Ecouter Caddie
Camille Saint-Saens
01. Allegro Appassionato (4:32) 0.99
Franz Schubert
02. An die Musik (3:50) 0.49
03. Im Frühling (4:18) 0.49
04. An Sylvia (2:06) 0.49
Johannes Brahms
05. Liebestreu (2:17) 0.49
06. Wie Melodien (1:52) 0.49
Robert Schumann
07. Fantasiestück op.73, I (3:23) 0.49
08. Fantasiestüc op.73, II (3:55) 0.49
09. Fantasiestück op.73, III (4:18) 0.49
Igor Stravinsky
10. Chanson russe (4:46) 0.59
Sergej Rachmaninov
11. Sonate pour violoncelle et piano op.19 (6:00) 0.59
Fritz Kreisler
12. Syncopation (2:09) 0.59
Gabriel Fauré
13. Après un rêve (3:17) 0.59
Ernest Bloch
14. Nigun (7:21) 0.59
Frédéric Chopin
15. Nocturne, C sharp minor (4:35) 0.49
Francis Poulenc
16. Les chemins de l'amour (3:36) 0.59

Temps Total 1:02:14

La contrebasse, instrument au beau timbre grave, est trop rarement enregistrée. Dans ce CD, elle est servie par Daniel Marillier, musicien hors du commun qui se joue des difficultés techniques pour mieux laisser s’exprimer un instinct musical sans faille au service d’ oeuvres de Chopin, Schubert, Schumann et d’autres qui n’ont pourtant jamais écrit pour cet instrument...

faut savoir que le problème du répertoire de la contrebasse se pose cruellement. Si les violoncellistes déplorent que leurs collègues contemporains de Mozart, Beethoven, Brahms ou Mendelssohn ne surent pas les intéresser à composer des concertos pour leur instrument, que dire alors de la Contrebasse? Ni Haydn, ni Bach ni Schumann n’ont même écrit pour elle ! Ainsi la transcription semble la solution naturelle pour étoffer un répertoire bien mince au vu des moyens artistiques et techniques des interprètes actuels, lassés parfois du peu de morceaux qu’ont laissés pour eux Bottesini et quelques autres.

D’ailleurs cette voie a depuis longtemps été tracée par Bach transcrivant Vivaldi, Mozart adaptant Bach, Schubert se servant de ses propres lieder pour créer son quatuor « La Jeune Fille et la Mort » ou son quintette « La Truite », Listz transposant ces fameux lieder de Schubert pour piano seul et même le grand David Oïstrach arrangeant la sonate pour flûte de Prokofiev pour son propre instrument avec la bénédiction du compositeur. La transcription apporte à l’oeuvre une couleur inédite. Elle l’enrichit du timbre particulier de l’instrument qui se l’approprie et nous fait découvrir des facettes cachées de joyaux que l’on croyait bien connaître. Et c’est bien le cas ici où la contrebasse apporte son assurance et sa majesté mais aussi sa mélancolie qui conviennent si bien à ces pièces.

L'Allegro Appassionato op.43 de Saint-Saëns, a été créé en1874 à la Société Nationale de Musique. Cette pièce met admirablement en valeur l’instrument et s’impose, tant par sa virtuosité que par la nostalgie qu’elle dégage, comme un bref instant de pure beauté.

Les trois lieder de Schubert et les deux de Brahms, arrangés par l’interprète, font partie, dans l’immense production vocale de ces deux génies, des pièces les plus célèbres et les plus représentatives de leurs styles : ton intimiste, oscillation entre majeur et mineur chez Schubert, phrases amples et lyriques chez Brahms.

Les Trois Fantasiestücke op.73 de Schumann furent écrites en1849 pour clarinette et piano mais comme nombre de pièces solistes (pour hautbois, alto, violoncelle, cor... ), elle fit l’objet de plusieurs transcriptions pour instruments à cordes.

Chanson RusseLa de Stravinski est tirée de l’opéra « Macra » (1922) où la servante Parasha se languit de son amant le hussard. Cet air fut arrangé pour violon et piano par le compositeur, aidé du violoniste Samuel Dushkin.

La sonate pour violoncelle et piano op.19 de Rachmaninov fut composée en 1901. Son mouvement lent est souvent joué détaché des autres, ample méditation, pause intemporelle et sereine. « Syncopation » de Kreisler illustre la manière qu’avait le grand violoniste de s’inspirer des « folklores » les plus divers. Il s’agit ici d’un ragtime proche de ceux qui fleurissaient à la même époque aux Etats Unis sous la plume de Scott Joplin, mais mêlé de l’élégance, de la «Gemütlichkeit » viennoise.

Après un Rêve de Gabriel Fauré fut d’abord une mélodie pour voix et piano avant que Pablo Casals ne s’en empare et n’en fît ce « bis » si célèbre aujourd’hui dans ses transcriptions pour instruments à cordes.

Nigun(improvisation en hébreu) de Bloch est la pièce centrale d’un triptyque pour violon et piano intitulé « Baal Shem » datant de 1923, s’inspirant de la vie spirituelle juive et célèbrant la secte des Hassidiens qui voulaient atteindre Dieu par la joie du chant et de la danse.

Le Nocturneen Ut dièse mineur op. posthume (1830) est en fait le deuxième composé par Frédéric Chopin. Il ne se décida jamais à lui donner une forme définitive et celui-ci ne fut publié qu’en 1875. La longue cantilène laisse néanmoins percevoir l’intérêt que porte le compositeur à ce genre musical dont il entrevoit l’envergure dramatique et lyrique.

Les chemins de l’amour de Francis Poulenc furent à l’origine une simple chanson destinée à une pièce de théâtre, « Léocadia » d’Anouilh. Cet air de « variété » chanté par des vedettes de Music-Hall, d’Yvonne Printemps à Danielle Darrieux fut plus tard imposé par certaines divas aux concerts « sérieux » comme une bouffée d’air frais à la mélodie rappelant la Vienne éternelle.

Stéphane Garaffi