Glière, A la découverte du dernier romantique russe  

Reinhold Glière
Christophe Sturzenegger
A la découverte du dernier romantique russe

Christophe Sturzenegger, piano, cor
Julie Fortier, piano


VOL IC 215

Prix d'un CD : 8.90 €


Ecouter un échantillon de toutes les pistes :

Piste, Titre Ecouter Caddie
Reinhold Glière
Œuvres pour piano
01. Prélude op.30 n°5 (3:38) 0.59
02. Prélude op.30 n°20 (5:00) 0.59
03. Esquisse op.17 n°1 (0:43) 0.59
04. Esquisse op.47 n°12 (1:28) 0.59
05. Esquisse op.56 n°3 (2:16) 0.59
 
Œuvres pour 4 mains - 12 pièces op. 48
06. Prélude (2:03) 0.59
07. Valse (1:20) 0.59
08. Esquisse (0:57) 0.59
09. Plainte (1:57) 0.59
10. Etude (0:55) 0.59
11. Chanson bergère (0:43) 0.59
12. Arabesque (2:10) 0.59
13. En rêve (1:00) 0.59
14. Mazurka (1:00) 0.59
15. Fughetta (1:16) 0.59
16. Scherzo (2:08) 0.59
17. Orientale (2:13) 0.59
 
Œuvres pour 2 pianos - 6 pièces op. 418
18. Prélude (1:30) 0.59
19. Valse triste (2:03) 0.59
20. Chanson (1:04) 0.59
21. Basso ostinato (1:05) 0.59
22. Air de ballet (1:59) 0.59
23. Mazurka (1:22) 0.59
 
Œuvres pour cor et piano
24. Romance op. 35 n°6 (3:51) 0.59
25. Valse triste op. 35 n°7 (3:28) 0.59
26. Nocturne op. 35 n°10 (3:37) 0.59
27. Intermezzo op. 35 n°11 (2:20) 0.59
 
Christophe Sturzenegger
Légendes pour Luka op. 7
28. Légende n°1 (5:47) 0.59
29. Légende n°2 (3:58) 0.59

Temps Total 56:39

L'envie de consacrer un disque au compositeur russe Reinhold Glière est née de la curiosité de Christophe STURZENEGGER. En effet, connaissant déjà les Pièces pour cor et celles pour 2 pianos qu'il appréciait tout particulièrement, il s'étonnait du peu de popularité dont bénéficiait ce compositeur auprès du public et des mélomanes. La question se résumait à « Pourquoi RACHMANINOV et pas GLIERE ? »

Il est donc parti à la recherche d'autres compositions de Reinhold Glière et, en particulier, des pièces qui tournent autour du cor et du piano (solo, 4 mains, 2 pianos) afin de permettre au DUO SFORZANDO de construire un répertoire cohérent pour enregistrer un disque qui soit représentatif de ce compositeur.

Ses recherches ont été longues et ardues car beaucoup de pièces sont tombées dans l'oubli et ne sont donc plus éditées, voire perdues.

C'est grâce à un internaute allemand, passionné par GLIERE et qui a bien voulu lui communiquer le fruit de ses propres recherches, que nous avons pu découvrir ces petits bijoux que sont les 12 Pièces pour 4 mains et les Préludes et Esquisses pour piano seul.

L'envie de partager cette (re)découverte est ensuite venue naturellement, tout d'abord pour essayer de rendre à ce compositeur la reconnaissance qui lui est due, et ensuite afin de donner envie à d'autres interprètes de suivre notre chemin.

Reinhold Morizewitch GLIERE (30-12-1874 Kiev, 23-06-1956 Moscou)

Fils d'un facteur d'instruments à vent d'origine belge, Reinhold Glière commence par étudier le piano et le violon avant d'aller poursuivre des études d'écriture à Moscou auprès de Taneïev et Arensky.

Après quelques années à Berlin, où il étudie la direction d'orchestre, il revient en Russie pour occuper divers postes d'enseignement. Parmi ses élèves, on compte des musiciens comme Prokofiev ou encore Khatchatourian. (En 1916, Prokofiev joue la création de son premier concerto pour piano, sous la direction de GLIERE.)

Devenu le professeur principal de composition du Conservatoire de Moscou, GLIERE prend une place importante dans le monde musical russe et devient, après la Révolution, le principal compositeur de l'Etat soviétique. Son catalogue d'œuvre compte des dizaines d'œuvres « politiques » : marches, pièces de circonstance, ouvertures patriotiques,etc. Il reçoit alors de nombreuses distinctions dont celle d'Artiste du peuple et est chargé par l'Etat d'aller inaugurer des théâtres et autres salles de concert à travers toute l'Union soviétique.

Ses voyages à travers l'URSS éveillent en lui un intérêt particulier pour les musiques populaires des minorités ethniques représentées par les « pays frères » comme l'Azerbaïdjan, l'Ouzbékistan ou encore le Kazakhstan, lesquels lui inspirent notamment son opéra Shakh-Senem dont le livret est en langue azérie.

Ses œuvres principales sont sa 3ème Symphonie (Il'ya Muromets), le ballet Le Pavot Rouge, et une série de concertos (pour harpe, cor, violoncelle et...un concerto très original pour soprano colorature !)

Les pièces qui figurent sur ce disque sont des œuvres du GLIERE d'avant la Révolution, soit de l'époque tsariste. Elles ont toutes été écrites entre 1904 et 1911.

A cette époque, le compositeur n'est pas encore le « Monsieur Musique » de l'Etat soviétique et écrit de nombreuses pièces de musique de chambre, des mélodies, des pièces pour piano. Le GLIERE d'après la Révolution abandonnera totalement ces formes de compositions pour ne faire plus que du grandiloquent et du patriotique.

Ceci explique sans doute en partie le manque de popularité de ce compositeur. En effet, à cette époque, pour se faire un nom au-delà du Parti communiste, il fallait choisir l'exil et aller défendre ses œuvres en Europe et aux Etats-Unis. GLIERE, lui, suit une vie sans doute confortable de « fonctionnaire » de l'Etat, jonchée de médiocres honneurs et meurt en URSS en 1956. Voilà qui suffit sans doute à le couvrir pour longtemps d'une chape d'ignorance et d'oubli. Les compositeurs de sa génération, comme Rachmaninov par exemple, aujourd'hui reconnus, ont d'une part fui le communisme et l'URSS et, d'autre part, ont voyagé à travers le monde pour défendre leurs œuvres.

D'un point de vue plus musicologique, les pièces qui figurent sur ce disque nous font découvrir un compositeur dont le destin n'est pas de sonder de nouveaux mondes harmoniques, mais d'étayer fermement celui où il habite. Certes à son époque, nous avons Stravinsky (dont le Sacre du printemps est contemporain des pièces de ce disque...), Ravel (Gaspard de la nuit) ou Schönberg qui font éclater dans tous les sens la musique romantique qui s'était installée au siècle précédent. De nouveaux langages apparaissent (dodécaphonisme, atonalisme,...), et pour beaucoup de compositeurs et de musiciens, il est temps de passer à autre chose, de tourner la page de ce Romantisme devenu souvent bourgeois, pompeux, et convenu. L'art (en général) a besoin de nouveauté et va subir au début du XXème siècle une révolution sans précédent qui, à notre avis, aura des conséquences que nous ne maîtrisons toujours pas.

GLIERE, quant à lui et un peu dans le même esprit que Richard Strauss, se sent bien dans ce romantisme tardif: la tonalité n'est pas une injure quand elle sert la musique; la musique de salon n'est pas forcément décadente et peut encore avoir une raison d'être. Pour lui, tout n'a pas déjà été dit, loin de là. Et nous ne pouvons que lui donner raison, quand nous prenons le temps d'aller à sa rencontre et d'écouter sa façon de faire chanter les mélodies naturellement et spontanément. Certes, GLIERE est loin d'être un avant-gardiste expérimental, mais on découvre ici un musicien qui maîtrise à la perfection toutes les formes (Mazurka, Valse, Etude, Fugue, Arabesque, Scherzo,...) et qui donne aux interprètes de merveilleux terrains de jeu ou l'on peut s'exprimer à souhait, communiquer, ....faire de la musique ! Pour conclure, nous ne manquerons pas de remarquer que GLIERE est bel et bien le dernier compositeur romantique russe; il vient mettre un terme à une époque et à une tradition d'une richesse incroyable et qui eût pour fers de lance Tchaïkovski, Borodine, Moussorgski, Rachmaninov ou encore Rimski-Korsakov.

Les pièces op.48 pour piano à 4 mains. Dédicacées à Elena Fabianowna Gnesina

Prélude, Valse, Esquisse, Plainte, Etude, Chanson bergère, Arabesque, En rêve, Mazurka, Fughetta, Scherzo, Orientale

Il s'agit de 12 miniatures, dont chacune témoigne d'un caractère différent et d'une ambiance particulière. On retrouve, parmi ces pièces op.48, des danses (Valse, Mazurka), des moments lyriques ou profonds (Plainte, En rêve), des morceaux plus virtuoses (Scherzo, Esquisse), des pièces de genre plus académiques (Fughetta, Etude, Prélude) ou encore des mouvements aux élans plus populaires (Orientale, Chanson bergère).

Comme pour le Basso Ostinato (Pièces pour 2 pianos op.41) ou pour l'Esquisse pour piano solo op.47, l'Esquisse op.48 a été composée sur une mesure irrégulière (5/8) ; GLIERE semblait attiré par ces rythmes « instables » qu'il a sans doute récupéré des musiques traditionnelles.

Les pièces op. 41 pour 2 pianos Dédicacées à Maria Fabianowna Gnesina

Prélude, Valse triste, Chanson, Basso Ostinato, Air de ballet, Mazurka

Sœurs de l'op.48, ces courtes pièces pour 2 pianos ont été composées de la même façon que celles pour 4 mains (on retrouve d'ailleurs une mazurka, un prélude, une chanson et une valse). Leur brièveté permet de capter le caractère qu'a voulu leur donner GLIERE. Les inspirations populaires russes sont ici reconnaissables dans la Valse triste et la Chanson, les mesures irrégulières dans le diabolique Basso Ostinato. L'Air de Ballet est là pour nous rappeler qu'à l'époque de GLIERE, les ballets russes, sous l'impulsion de Diaghilev notamment, étaient à leur apogée.

Les pièces pour cor et piano op.35 (6, 7, 10, 11)

Romance, Valse triste, Nocturne, Intermezzo

Ces quatre miniatures romantiques tardives permettent au cor de s'exprimer pleinement. Les grandes phrases lyriques et romantiques lui donnent l'occasion de chanter et de montrer la richesse de son timbre, porté par le piano, qui soutient le discours par de subtils contrepoints et des jeux de questions-réponses. Le charme intime de ces pièces séduit par sa spontanéité et permet au corniste de montrer sa musicalité et la chaleur de la sonorité de son instrument. On notera enfin que GLIERE était attaché au cor puisqu'il composa un des concertos important du répertoire (écrit en 1950 pour le cor solo de Leningrad, Valery Polekh) et qui, au même titre que les concertos de Strauss, fait partie des grandes œuvres romantiques pour cor et orchestre.

2 Préludes (tirés des 25 préludes op.30) pour piano seul (5 et 20) 3 Esquisses pour piano seul (op.17/1, op.47/12 et op. 56/3) Ces pièces sont dédicacées à divers personnes dont Taneiev ou Gelewer

Ces pièces virtuoses sont notamment tirées des 25 préludes op.30. Il s'agit du chef d'œuvre absolu de GLIERE pour piano solo; une véritable fresque pianistique puissante et colorée, un des derniers flamboiements de la virtuosité romantique. Ecrits dans la même veine que les préludes de Rachmaninov, ils n'ont rien à envier à leurs cousins. Il serait temps de redécouvrir ces magnifiques pièces d'une grande virtuosité et d'un lyrisme tendu.

Ces deux préludes, issus des 25 que comporte l'op. 30, soulignent ce chef-d'œuvre absolu de GLIERE pour piano solo. L'op. 30 est une véritable fresque pianistique puissante et colorée, un des derniers flamboiements de la virtuosité romantique. Ecrits dans la même veine que les préludes de Rachmaninov, les préludes de GLIERE n'ont rien à envier à leurs cousins. Il serait temps de redécouvrir ces magnifiques pièces d'une grande virtuosité et d'un lyrisme tendu.

A toutes ces œuvres de GLIERE, nous avons voulu ajouter une pièce de Christophe STURZENEGGER (un des deux interprètes de ce disque) : les 2 Légendes pour cor et piano op.7 écrites pour la naissance de Luka son fils.

Composées dans un style proche de celui de GLIERE, elles font écho aux Two Léa's songs op.3 (qui figurent sur le premier disque du DUO SFORZANDO et que Christophe a dédiées à sa fille) et donnent au Répertoire pour cor et piano une nouvelle œuvre lyrique dans le style romantique qui sied si bien à cette formation.

La première pièce est un Andante composé de 3 sujets. Lyriques et sensuels, le cor et le piano s'y expriment à tour de rôle dans une ambiance romantique, passionnée et tendre.

La seconde légende, beaucoup plus saccadée et enjouée commence par des appels de cor que soutient un piano « schumannien »; la pièce se termine par un fugato qui reprend le thème des appels du début. La conclusion n'est pas sans évoquer quelques musiques de film.

LE DUO SFORZANDO

Ce jeune duo de musique de chambre est né de la rencontre de deux anciens étudiants du Conservatoire supérieur de musique de Genève : Julie FORTIER, pianiste originaire d'Aix-en-Provence et Christophe STURZENEGGER, pianiste et corniste originaire de Genève.

Crée en 2001, le DUO SFORZANDO commence à se produire, lors de diverses éditions de la Fête de la Musique de Genève, aux Schubertiades de la Radio Suisse Romande; puis dans des salles comme le Studio E. Ansermet, le Victoria Hall ou encore la Fondation Gianadda.

En 2007, le DUO SFORZANDO a donné son premier récital à Paris et est parti en tournée au Canada.

La particularité de cet ensemble est de marier des œuvres pour cor et piano avec des pièces pour piano à 4 mains et pour 2 pianos.

Cela lui permet d'aborder un répertoire très large allant de la période classique à nos jours, en faisant la part belle aux compositeurs romantiques qui ont su si bien capter l'essence même du cor d'harmonie et donner au duo pianistique ses lettres de noblesse.